Devenu incontournable dans l’écosystème startup depuis sa création en 2005, Paris Pionnières accompagne les jeunes pousses dirigées par des femmes. 200 startups ont déjà suivi ses programmes. Sa directrice Caroline Ramade est notre Frappée du Mois.

1- Bonjour Caroline ! Pourrais-tu te présenter en 3 mots ?

Les 3 mots : Change maker, Inclusive et Résiliante

Change Maker
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Change Maker

J’aime proposer des solutions concrètes et faciles à mettre en oeuvre pour avoir plus de femmes entrepreneures et intrapreneures dans la tech.

Inclusive
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Inclusive

Parce que c’est une nécessité économique et que le monde a besoin d’un nouveau leadership plus collaboratif qui doit être incarné par plus de femmes.

Résiliante
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Résiliante

Car c’est qui permet de se relever quand on est tombé. Quand on croit en sa vision : il faut plusieurs fois savoir échouer avant de connaître le succès.

2- Quelles sont tes 2 obsessions ?

Bienveillance

Pour moi, c’est la qualité que nous devrons tous développer au 21e siècle. Pour les femmes, il est urgent qu’il y ait plus de sororité, car c’est ce qui permettra aux nouvelles générations de progresser vers l’égalité.

Action positive

Le monde évolue très vite, nous devons pouvoir adopter une vision positive et agir en proposant des solutions efficaces aux problèmes contemporains. C’est pour cela que je suis fan d’initiatives comme TechFugees ou Bobemploi de Bayes Impact.

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3- Quelle est ta mission en tant que Délégué Générale de Paris Pionnières ?

J’ai pris la direction de Paris Pionnières en novembre 2016. Je suis en charge du développement de l’association; ma mission a été de profondément repenser notre business model, recruter une nouvelle équipe et mettre en oeuvre notre nouvelle vision qui sera incarnée par un changement de nom annoncé en mai prochain.

4- Observes-tu des idées préconçues sur l’entrepreneuriat au féminin ?

Oui beaucoup ! Les femmes n’innoveraient que dans des domaines féminins. C’est faux. Aujourd’hui, nous accompagnons des startup en cybersécurité, Big data, IOT, Smart City…
On parle aussi beaucoup du manque de confiance car les femmes doutent de leur propre capacité. Nous avons prouvé que cette question peut être vite dépassée en mettant en place les bons programmes comme notre bootcamp de 3 jours Possible. Le vrai problème c’est le manque de confiance des principaux acteurs de l’écosystème envers elles : les accélérateurs, incubateurs mais surtout les banquiers et investisseurs qui sont à 95% des hommes.

5- Quelles sont les 3 principales difficultés rencontrées par les femmes qui se lancent dans une aventure entrepreneuriale ?

Les trois difficultés que nous observons le plus est :
  • Se lancer : nous manquons de roles models dans l’entrepreneuriat et la tech. Il faut plus d’entrepreneures et de femmes mentors dans l’écosystème startup,
  • S’associer : les femmes entrepreneures restent plus longtemps seules, car elles ne parlent pas assez de leur projet et font moins de networking,
  • Lever des fonds : c’est un fait les entrepreneures demandent moins d’argent et donc lèvent moitié moins que les hommes en moyenne (source baromètre KPMG/Starther).

6- Quel soutien leur apporte Paris Pionnières pour y faire face ?

Nous avons mis en place 3 programmes startup qui les accompagnent au plus tôt dans le développement de leur entreprise.
  • Possible camp : 3 jours pour tester son idée et révéler son potentiel d’entrepreneure (20 participantes / 4 sessions par an),
  • WoDi (for Women Disrupt) : programme d’accélération de 6 mois de l’idée jusqu’à la validation du concept et lancement de sa startup. A ce stade, on met l’accent sur la vision, la technique avec un CTO externalisé qui fait partie de notre équipe, le business model intelligent, le juridique et l’accès au premier financement,
  • Incubation : 1 an pour conquérir le marché, lever des fonds et booster son ambition.
Le coaching est réalisé par nos entrepreneures en résidence, ainsi qu’une quarantaine d’experts.
En incubation, nous avons développé un programme de mentoring avec nos alumnis, ainsi que du mécénat de compétence avec des pionniers du Web comme PriceMinister.
Nous avons également développé un programme d’intrapreneuriat féminin avec Five by Five. 66 Miles s’adresse à tous les grands groupes qui veulent révéler et former leurs collaboratrices pour les placer au cœur du process d’innovation. Nous sommes convaincus que cette nouvelle génération de Corporate Hackeuses va transformer les entreprises tant au niveau numérique que sociétal.

7- Tu es bien placée pour remarquer les différences entre la France et les autres « startups nations » sur le plan de l’entrepreneuriat au féminin :
comment se positionne la France ?

Au niveau national, on se situe dans la moyenne européenne autour de 8% donc ce n’est clairement pas assez. Mais à Paris, nous avons réussi notre pari après 12 ans d’action, la capitale est numéro un en Europe et 6e au niveau mondial avec 21% de femmes entrepreneures dans la tech (source Compass 2015). C’est pourquoi nous voulons nous développer aujourd’hui au niveau national et international en partenariat avec tous les grands accélérateurs et incubateurs qui n’arrivent pas à sourcer des startupeuses. Nous avons commencé à paris avec l’incubateur sport Le Tremplin et cela fonctionne donc nous souhaitons continuer sur cette belle lancée pour faire bouger les lignes.

 Avec 9 % de PIB en plus pour l’Europe si on atteint le cap de 50% de femmes dans le numérique, ça vaut le coup d’accélérer !
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