Depuis 2008, la robotique affiche une croissance soutenue d’environ 30%. Ces robots sont des machines complexes et encore chères qui combinent différentes technologies de pointe en mécanique, électronique, automatisme, informatique, mobilité, etc. Ces technologies progressant à grande vitesse, ils sont déjà plus mobiles, plus miniaturisés, plus autonomes et ils le seront de plus en plus grâce à des algorithmes de machine learning et d’intelligence artificielle toujours plus pointus. Ils bénéficient par ailleurs de la constante baisse de coût des nouvelles technologies.
Ces évolutions sont déjà visibles aujourd’hui : bras articulé assistant dans les travaux de force, robots de précision en chirurgie, exosquelette pour les personnes à faible motricité ou pour les fantassins, remplacement d’organes déficients. La robotique est déjà bien présente dans divers secteurs et assiste l’Homme dans ses tâches.

D’un point de vue économique, la robotique touche en premier lieu l’industrie avec ce que l’on appelle « l’Industrie 4.0 ». Les chaînes automatiques d’assemblage deviennent plus polyvalentes, plus autonomes et plus mobiles. L’automatisation devient encore plus avancée au point de pouvoir envisager la ré-internalisation de la fabrication dans les pays à coûts élevés. Cette ré-internalisation permettra d’ailleurs une meilleure productivité, l’amélioration des conditions de travail et apportera plus de sécurité. Outre ces gains, la robotisation pourrait devenir un choix déterminant face à la délocalisation.

Ainsi, deux grandes tendances se dessinent dans le domaine de la robotique:
– le coût de la robotique diminue et étend sa rentabilité aux foyers alors qu’elle était jusqu’à présent réservée aux entreprises. C’est le cas des robots ménagers et dans un futur proche de la robotique personnelle
– La sophistication s’accroît considérablement et permettra, à terme, de remplacer des actes qui ne pouvaient être effectués que par des êtres humains.


Il y a par conséquent une inquiétude affichée sur les menaces associées à l’emploi. On ne sait pas encore anticiper quel sera le ratio entre les emplois supprimés et les emplois complémentaires générés, qui seront nécessairement plus qualifiés. Quand une étude de Carl Benedict Frey et Michael Osborne, de l’Université d’Oxford, estime l’impact possible sur les emplois aux Etats Unis à 47%, l’OCDE anticipe, elle, un impact de 9%. Cependant, rien qu’en France, cela pourrait toucher 2 millions d’individus.

Plus qu’une évolution, il s’agit cette fois-ci d’une véritable rupture, d’une révolution au même titre que la première révolution industrielle avec pour objectif d’apporter une meilleure productivité, efficacité et qualité de travail/vie.  Cette révolution va entraîner une profonde mutation du monde du travail et de notre société qui n’aura d’autre choix que de se réinventer pour s’adapter à ce nouveau monde qui offre un potentiel immense. Cette transformation ne se fera pas sans heurt, les craintes liées à la robotisation sont nombreuses, la destruction des emplois tout comme l’émergence d’une intelligence artificielle « incontrôlable »* restent des freins importants. Cependant, le train s’est déjà mis en mouvement et ne pourra pas faire machine arrière. A nous de le prendre tant qu’il est encore temps et de construire ce futur « prometteur » qui a inspiré les œuvres d’anticipation depuis bien longtemps.

Laurent Ridoux
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Laurent Ridoux

Chief Technology Officer, Hewlett Packard Enterprise

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