L’année dernière, DataGenius développait avec succès le premier comparateur de solutions d’intelligence artificielle. En 2021, la startup lyonnaise met la barre encore un peu plus haut, avec le lancement d’Eden IA. Un agrégateur très utile pour les développeurs, comme pour les entreprises intégrant des solutions d’intelligence artificielle.

En 2021, les moteurs d’intelligence artificielle sont légion. Détection faciale, analyse d’image, de texte, transcription audio, traduction, prédiction de ventes… Leur champ d’action est large et le nombre de fournisseurs affolant. Les mastodontes comme Google, IBM, Microsoft ou Amazon ont tous développé leurs propres moteurs d’IA, mais des acteurs spécialisés, partout dans le monde, se positionnent aussi sur ce marché. Pour les développeurs qui souhaitent utiliser ces technologies automatisées, comment savoir quel est le moteur le plus adapté à leurs besoins ? C’est la question que s’est posée Taha Zemmouri, fondateur de DataGenius, qui a lancé en 2020 AI-Compare, le premier comparateur de moteurs d’intelligence artificielle.

« Ca prenait la forme d’une application en ligne. Tu mets tes données, par exemple un fichier audio, et AI Compare te donne la retranscription faite par tous les différents moteurs d’IA qu’on a référencés et connectés à notre plateforme » décrit l’ingénieur des Mines Saint-Etienne. Même procédé avec tous les types de moteurs, qu’il s’agisse de traduction, de reconnaissance faciale ou de prédictions de ventes.

La plateforme cartonne dès sa phase de test. « Cela répondait vraiment à un besoin d’y voir plus clair sur tous ces moteurs d’IA, explique Zemourri. En même pas cinq mois, on a eu 500 beta-testeurs. Alors qu’à l’époque, le site ne ressemblait à rien ». 

Le CEO Taha Zemmouri (à droite) et le CTO Samy Melaine (à gauche), les deux piliers de DataGenius

DataScience et moteurs d’IA au service des entreprises

La pertinence et le succès du comparateur vont bouleverser le destin de DataGenius. Au départ, la startup propose une expertise technique en Data Science pour accompagner des entreprises, valoriser leurs données, et tirer profit de nouvelles technologies liées au Big Data. « Concrètement, une entreprise a des données à analyser, elle appelle DataGenius qui est capable de les traiter, de faire ces analyses, et ensuite de développer un produit qui va les répliquer de manière automatique » détaille l’ingénieur.

Ce produit peut par exemple prédire les ventes d’une société, classifier des textes ou analyser des images, avec un diagnostic automatisé pour identifier tel ou tel objet. Une diversité qui permet à DataGenius de collaborer avec un large spectre d’entreprises. Parmi ses clients, des groupes pharmaceutiques (Servier), des organes financiers (Caisse des dépôts, CashLab), des acteurs de la transition énergétique (VolItalia), des services informatiques (XEFI) ou encore de l’industrie chimique (Arkema).

Depuis 2017, l’accompagnement de ces sociétés constitue l’essentiel de l’activité de DataGenius. Mais en 2020, la startup prend un nouveau virage, avec le développement d’AI-Compare, ainsi que d’un produit plus innovant encore : Eden AI.

Le paradis de l’intelligence artificielle

Le lancement d’AI-Compare, le comparateur de moteurs d’IA, est un franc succès. Les retours sont positifs, mais les utilisateurs en demandent plus. En effet, l’analyse de données nécessite parfois l’utilisation de plusieurs moteurs d’IA. Et s’ils proviennent de différents fournisseurs, la tâche peut s’avérer bien laborieuse.  « Très concrètement, dans un projet d’analyse, tu peux être amené à faire de l’extraction de texte avec un moteur, et ensuite analyser les mots-clefs avec un autre, puis éventuellement le traduire… Donc au-delà de la comparaison, on a eu l’idée de fournir un outil qui va être connecté à tous ces moteurs, avec la possibilité pour l’utilisateur de choisir ceux dont il a besoin. C’est un agrégateur de moteurs d’IA » résume le CEO.

 

Ainsi est né « Eden AI », le paradis de l’intelligence artificielle. Pour la petite histoire, le nom est inspiré d’un autre nouveau-né, en l’occurrence, le premier enfant de Samy Melaine, l’associé de Taha Zemmouri et directeur technique de DataGenius. Dans l’équipe, on compte également deux purs développeurs, Hanane Oublouhou et François Humbert, tandis que le cinquième larron répond au nom de Jeremy Lambert. « C’est notre visage auprès des fournisseurs, précise Zemmouri. Il prend contact avec eux et leur explique pourquoi Eden AI est une opportunité pour faire connaître leur moteur à plein de développeurs ». La plateforme offre en effet une visibilité nouvelle à de nombreux moteurs d’IA jusque-là peu connus, qu’ils soient créés aux Etats-Unis, en Inde, en Ukraine ou en Europe de l’Est. « La promesse, c’est d’aller dénicher ces moteurs plus spécifiques. C’est là tout l’enjeu d’Eden AI ».

Eden IA intégrera toute la diversité des moteurs d’IA présents sur le marché

Démocratiser l’usage des moteurs d’IA

Contrairement à l’offre initiale DataGenius, Eden AI s’adresse à un public plus large. « Pour l’accompagnement et le conseil, les prestations tournaient autour de dix ou vingt mille euros. Avec Eden IA, pour quelques dizaines d’euros, tu peux commencer à utiliser l’outil. On vise beaucoup plus la masse, explique le fondateur. C’est pour ça qu’on tente d’avoir la plateforme la plus simple, afin de démocratiser l’usage de ces moteurs d’IA ». La plateforme cible les développeurs novices, mais aussi les grosses entreprises. Des offres « premium » et « entreprises » seront proposées, avec la possibilité de traiter un volume de données illimité et d’être accompagné par un expert DataGenius.

Pour Taha Zemmouri et son équipe, la rentrée s’annonce chargée. La startup communiquera massivement sur le lancement de son agrégateur tout en prévoyant une première levée de fonds. « On a rejoint 50Partners, qui rassemble de nombreux acteurs du Digital, pour structurer notre premier tour de table ». Un financement qui doit permettre de booster le développement du produit, mais aussi d’intégrer un maximum de moteurs d’IA à la plateforme, ce qui demande de la main d’œuvre et un gros travail de développeurs. D’ici la fin de l’année, Taha Zemmouri espère donc doubler ses effectifs, en attirant comme à son habitude, les meilleurs talents de la région Rhône-Alpes. Très intégré au réseau régional, à travers les pôles de compétitivité Minalogic ou l’ADIRA, DataGenius scrute avec attention les pépites sorties des Mines Saint Etienne, d’Epitech ou du CPE Lyon.

Pour ceux qui souhaitent postuler, un goût prononcé pour les jeux de société pourrait faire la différence. « On joue presque tous jours pendant la pause déjeuner, confesse Taha Zemmouri. En ce moment, on adore Korsar, un jeu de cartes où l’on attaque des bateaux pirates ». Une pause détente quotidienne, avant de partir à l’abordage de nouveaux moteurs d’IA.

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